Installation “Kill for Peace”. 2016. Ancient Soldier's helmets (10 parts), cotton. Drilling, cross-stitch embroidery. Private Irina and Maris Vitols collection. SOLD. Video

 „Kill for Peace“ is the ironic title of a 1966 Vietnam war-era protest song by the New York rock band The Fugs. Alongside their musical activity, its members were known for playing a prominent part in such actions as the attempt to collectively circle the Pentagon and make it levitate with the power of the mind. The latter was a naive pacifist and simultaneously deeply sarcastic act. The idea of this work is similar, as the author is fully aware how naive it is to expect universal peaceful coexistence from the humanking at its current stage of biological and civilisational development. After all, at least one of the warring factions, and usually all of them, does it “for the sake of peace and well-being of its citizens”. The installation employs helmets used by the armies of various countries in different military conflict zones. Perhaps the concept of this work contains less actionist protest and instead an urge to reflect why people – members of the same Homo sapiens genus but of different communities and nations – deal with the chimeras of their past in such contrasting ways. Why some are able to repent and redeem the atrocious past sins of their genetic forebears both financially and, above that, morally, while others are anxious to repeat them. The historical consciousness of a group of people, seemingly a blurred and ungraspable notion, suddenly acquires immense force and erupts through real group actions, causing bloodshed. Can we attribute certain traits or collective responsibility to an entire nation? We know from history how dangerous it is. Yet if it is perfectly natural to feel collective pride for the accomplishments of geniuses, great artists, even athletes of one’s home country, maybe it is just as natural to feel remorse and collective responsibility for the crimes committed by one’s compatriots?

       Daisies, poppies, pansies, forget-me-nots... Flowers of war and symbols of remembrance of the perished. He loves me – he loves me not, alive or dead, what should be remembered and what is best forgotten... Rose petals unfold as meat, helmets warped by bomb splinters unfold as metal blossoms. Life goes on. Hæil, life!

 Tomas Kriaunevičius

 

        Non sans ironie, le groupe de rock underground New-Yorkais The Fugs a chanté"Tue pour la paix" (Kill for Peace) en 1966 afin de marquer son opposition à la guerre du Viêt Nam. Au delà de la performance musicale, ses membres se sont rendus célèbres pour leur participation à certaines actions militantes au rang desquelles l'encerclement du Pentagone par une chaîne humaine afin " de le soulever dans les airs par la force de la pensée ". Action pacifiste tout à la fois naïve et imprégnée de sarcasme. Telle est également l'idée de l’œuvre exposée. Son auteure comprend parfaitement à quel point il est crédule, compte tenu de leur stade d'évolution biologique et civilisationnel, de croire à la coexistence pacifique de toutes les communautés humaines. La plupart des protagonistes d'un conflit militaire proclament que la guerre n'a pour autre finalité que de procurer " la paix et le bien-être " aux citoyens. L'installation se constitue des casques de différentes armées utilisés lors de divers conflits. Il semble qu'elle tienne moins de la  revendication politique que de l'appel à la réflexion autour d'une question centrale : pourquoi, malgré leur identité commune d'homo sapiens, les hommes appartenant à des communautés, tribus ou nations variées affrontent les fantômes de leur passé de manière très différente ? Pourquoi certains sont capables de se repentir des barbaries de leurs ancêtres tandis que d'autres n'ont de hâte que de les répéter ?

       Au travers d'éruptions de violence collective, la conscience historique, notion à première vue très vague, s'impose tout à coup avec une force éclatante. Peut-on attribuer à tous les représentants d'une nation certains traits de caractère et une responsabilité collective ? L'histoire nous enseigne combien cela est dangereux.

       S'il est tout à fait naturel de ressentir de la fierté collective en raison des exploits des génies, des créateurs ou des sportifs appartenant à sa nation pourquoi ne serait-il pas normal d'être pris de remords et d'un sentiment de responsabilité collective pour les crimes commis par ses concitoyens ?

      Marguerites, coquelicots, myosotis, violettes ... Autant de fleurs de guerre et de symboles mémoriels pour les morts au combat. A la folie ou pas du tout, vivant ou mort, ce qu'il faut oublier ou se rappeler... Les pétales de rose s’ouvrent en lambeaux de chair, les casques percés par les bombes fleurissent de pétales métalliques. La vie continue. Ave Vita!

 Tomas Kriaunevičius